Trois gîtes de charme disposant chacun d’une terrasse, vue sur maquis, mer et l’île d’Elbe, situés à Poghju village de la commune de Luri (Cap Corse)


La châtaigne corse, une tradition et une filière bien vivantes

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Certains ici parlent de a castagna (la châtaigne) comme le fruit d’une civilisation, Pasquale Paoli affirmait « Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain », une micro-région de Haute-Corse porte le nom de Castagniccia [1]... Indéniablement l’ « arbre à pain », comme est de coutume surnommé le châtaignier, occupe depuis longtemps une place considérable dans la vie des Corses.

Sa présence sur l’île remonte à l’époque de la dernière glaciation du quaternaire (environ 120 000 à 10 000 ans). Sa culture s’y développe au Moyen-Âge notamment pour l’utilisation du bois et connaît un nouvel essor sous l’impulsion autoritaire de Gênes du 14 au 17ème siècles. La châtaigne devient alors l’aliment de base de la population et ses exportations vont bon train.
Cette expansion, la France y mettra fin dès sa possession de la Corse (1768), Louis XV voyant dans le châtaigner un arbre « immoral » qui « constitue l’aliment de la paresse car son fruit supplée a tout : on le ramasse, on le sèche, on le broie et on en fait son pain, leurs chevaux même en sont nourris et la terre est toute négligée » … [2]
Jusqu’au début du 20ème siècle, le châtaigner conservera toutefois son importance aussi bien en termes d’alimentation, de construction, de fabrication de mobilier ou d’objets.
La première guerre mondiale, l’exode rural et insulaire ont en autres comme conséquence l’abandon de l’exploitation traditionnelle des forêts. Pour la teinture et le commerce du bois et du papier, de très nombreux arbres sont alors coupés sans qu’aucune plantation nouvelle ne soit opérée. De 33 mille hectares de forêts de châtaigniers à la fin du 19ème siècle, on passe à 19 mille en 1936... La poursuite du déclin démographique et l’abandon de la coupe pour l’industrie permettent aux forêts de se reconstituer.
A partir des années 1970, on assiste au redémarrage de la filière castanéicole. Aujourd’hui sur un potentiel de 30 mille hectares, 2000 ha sont récoltés et entretenus par 80 exploitants pour une production de 150 tonnes de farine de châtaigne corse (+ de 50% en Bio) au travers de 35 moulins en activité [3]. Depuis 2006, le label AOC Farine de châtaigne corse – Farina castagnina corsa garantit à la fois l’origine des fruits à travers une aire géographique bien déterminée et un territoire castanéicole défini par des variétés appropriées (une quarantaine ont été répertoriées), un savoir faire typique et unique, un goût bien caractéristique.

Et ce goût on le retrouve dans la gastronomie corse au travers de nombreuses recettes et de produits transformés (crèmes, confitures, marrons glacés, biscuits, gâteaux, foie gras, alcool, bière, …). Ci-dessous quelques sites qui vous mettront la châtaigne à la bouche ! Mais l’idéal c’est quand même de la déguster sur place. Luri, comme de nombreuses communes du Cap Corse, appartient au territoire castanéicole. Autour de la mi-octobre, il suffit de se munir d’un panier et de marcher quelque peu (quelques châtaigniers bornent le parking des Maisons de Poghju...) pour récolter de très beaux et nombreux fruits. On les trouve aussi dans les commerces locaux, on peut en manger « à toutes les sauces » dans les restaurants. L’incontournable, la pulenta ! Bon appettitu !

Sur votre écran et bientôt dans votre assiette ou votre verre :
- http://www.cuisinez-corse.com/tag/c...
- http://www.farinacastagnina.net
- http://www.brasseriepietra.com/fr/p...
- http://www.cliquecorse.com/cgi-bin/...


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[1La châtaigneraie